L‘arrivée de Benjamin Duhamel à la matinale de France Inter me laisse perplexe, voire m’agace.
Est-ce un journaliste ou un éditorialiste? Il prend toujours le parti de la majorité des médias actuels, à savoir surfer sur la vague du déclinisme ambiant, du discours de droite qui s’extrémise sans retenue aucune, voire de l’extrême droite. Lors de ses interviews, il ne cherche pas à révéler la vérité mais exprime sans complexe SA vérité, SON opinion, SA façon de voir le monde. En cela il relève plus pour moi d’un éditorialiste que d’un journaliste, sauf qu’il est présenté par France Inter comme étant officiellement uniquement journaliste sur cette radio.
Je trouve sa vision simpliste et binaire. Sa volonté à tout prix de chercher le scoop, d’avoir parfois la tête de ses invités, ou au contraire de vouloir faire larmoyer l’auditeur dans des interviews un peu à la Léa Salamé mais en beaucoup moins sincère (ce qui du coup révèle le procédé qui sonne faux), tout cela me donne envie de quitter la radio que j’aimais pourtant avant.
Quelques illustrations et regards critiques:
- Article ACRIMED: « Face à Sophie Binet, Benjamin Duhamel se fait avocat de Bernard Arnault »
- Forum RadioActu: Que pensez-vous de la nouvelle matinale de Benjamin Duhamel sur France Inter?
- Je me souviens également de l’interview d’Olivier Faure, Premier Secrétaire du Parti Socialiste, qui se voit obligé de rétorquer à Benjamin Duhamel – qui proposait de limiter l’entrée d’étudiants d’origine algérienne en France au prétexte que les relations diplomatiques franco-algériennes étaient compliquées en ce moment – que « ce n’est pas parce que vous allez entraver la vie d’un certain nombre de gens qui sont ressortissants algériens que vous allez forcément, dans le même temps, faire en sorte que Christophe Gleizes et Boualem Sansal puissent revenir ». J’étais moi-même choqué par l’extrémité du propos de Benjamin Duhamel!
Par ailleurs, les sujets que Benjamin Duhamel choisit de traiter sur cette matinale sont rarement des sujets de fond. Après plus de 3 mois d’écoute, je peux même dire que ce sont régulièrement des sujets sans grand intérêt, si ce n’est de faire le buzz ou de surfer sur l’actu à court terme, comme un animateur du type de Cyril Hanouna le ferait. À contrario des interventions de Pierre Haski sur la géopolitique, que j’apprécie fort. La radio publique doit avoir pour devoir d’éclairer les consciences, d’aiguiser le regard du citoyen, de lever le voile sur les choses publiques, et non d’animer l’actu comme un bateleur médiatique. Ça, on le laisse aux autres stations et chaînes TV privées qui sucent volontiers cet os jusqu’à la moelle. Et du traitement d’info de la sorte, on ne trouve presque plus que ça sur les autres ondes.
Comme j’ai dû arrêter d’écouter la radio publique Le Mouv’ après sa restructuration complète en 2015 par l’administration de l’époque, alors dirigée par Mathieu Gallet, devrais-je arrêter d’écouter France Inter?
L‘ère médiatique actuelle est vraiment délétère, le fond de l’air effraie… Suis-je le seul à percevoir cela?
Dites-moi comment vous percevez pour votre part cette rentrée médiatique !








Vous connaissez le groupe Arcade Fire et leur album thématique « The Suburbs », qui évoque la vie de banlieue résidentielle?
